Les 2 témoins
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Za 4, 14 : "Ce sont les deux personnes désignées pour l'huile, celles qui se tiennent devant le Maître de toute la terre."

Les sentinelles

"Tu prends les vents pour messagers,
 pour serviteurs, les flammes des éclairs." Ps 104(103), 4

 

Afin de mieux cerner les rouages du combat spirituel, il nous sera nécessaire d’apprendre à repérer les sentinelles qui gardent l’entrée d’un royaume spirituel. En effet, appréhender celles-ci sera d’une grande utilité afin de nous préparer au combat, de le gagner d’avance et de mieux anticiper dans quel territoire nous mettons les pieds. Comme le devin Balaam au moment de pénétrer en Israël...

 

1 - Qu’est-ce qu’une sentinelle?

Lorsque nous pénétrons sur le territoire d’un pays, nous avons à présenter des papiers, montrer "patte blanche" par rapport à nos bagages, d’une manière générale : nous soumettre aux exigences des sentinelles chargées de veiller sur ce territoire. Évidemment : un pays sensible à la contrebande et un autre où les sujets sanitaires sont une priorité ne donneront pas les mêmes consignes aux gardes postés à leurs frontières. Ainsi, en fonction de ce que nous demandera la sentinelle à notre passage, nous serons en mesure de déduire les caractéristiques fondamentales du royaume qu’elle garde. Dans un article précédent, nous avons parlé des gardes qui empêchaient la Bien-Aimée de retrouver son Bien-Aimé. Et aussi des trois amis qui poussaient Job au bout de sa colère lors de sa période d’oppression. Ces différents personnages jouent le rôle de sentinelles qui gardaient l’entrée de deux royaumes, respectivement :
  • Les soldats du Cantique des Cantiques gardent un royaume que l'on pourrait nommer "l’unité entre les deux époux";
  • Les amis de Job gardent le royaume de "sa rencontre avec DIEU".

Pour être exact, ces sentinelles préparent le coeur des personnages en présence à avancer d'une marche dans leur vie spirituelle.

 

2 - La présence des sentinelles se fait sentir comme une onde sur l'eau

Les sentinelles sont d'abord des créatures angéliques, des anges qui sont hors du temps. Or, le SEIGNEUR a voulu que leur nature spirituelle se fasse sentir lorsqu'elles font irruption dans notre monde soumis au temps. Lorsque les anges interviennent, ils provoquent une onde qui se répercute dans les moments qui précèdent et suivent leur action. Et bien entendu, ces anges vont la plupart du temps exercer leur influence à travers des personnes qui nous entourent, par exemple un ange de colère va accentuer la colère de quelqu'un que l'on croise et cela va nous toucher.

On peut également comparer l'effet de ces sentinelles à celui produit par un roi qui se déplace avec son cortège. Des messagers arrivent tout d'abord afin d'annoncer sa venue, des logisticiens qui vont demander que l'on dégage les routes pour l'important cortège qui va arriver, des soldats, des joueurs de flûte, des gardes du corps... Et lorsque le roi est passé, il y a encore des gens qui restent afin de ranger toutes les affaires, etc. L'onde provoquée par l'irruption de ces personnages que sont les anges dans notre monde est comme ce cortège. On retrouvera d'ailleurs ce phénomène de manière beaucoup plus marquée lorsque c'est le SEIGNEUR en personne qui revient : c'est le temps de l'Eschatologie... Mais revenons à nos sentinelles.

Un texte nous enseigne sur ce sujet, c'est le passage dans lequel Jonathan, l'ami de David, utilise un stratagème pour le prévenir des desseins de son père Saül, car celui-ci montre des signes d'irritation à l'égard de son meilleur ami. Jonathan dit donc à David : "Je tirerai ces trois flèches sur le côté en visant ma cible. Alors j'enverrai le garçon : "Va, retrouve les flèches !" Si je dis au garçon : "Les flèches sont en-deçà de toi, ramasse-les !" alors viens, tu peux être tranquille, c'est qu'il ne se passe rien, par la vie du SEIGNEUR. Mais si je dis au jeune homme : "Les flèches sont au-delà de toi", va t'en, car le SEIGNEUR te fait partir." (1 S 20, 20-22)

Ce passage nous montre la chose suivante : un évènement qui va marquer notre vie, c'est-à-dire lors duquel un ange du SEIGNEUR va intervenir avec puissance, va être concomitant à une ou des sentinelles qui se feront remarquer à plusieurs reprises soit avant sa venue (les trois flèches en-deçà), soit après sa venue (les trois flèches au-delà).

  • En effet, dans le premier cas, la sentinelle fait sentir sa présence avant l'évènement. Cela signifie qu'une fois la difficulté surmontée (par exemple le fait d'être tenté-e par la colère à plusieurs reprises), le combat est déjà gagné donc nous n'avons plus rien à craindre.
  • À l'inverse, une sentinelle qui fait sentir sa présence après un évènement phare de nos vies, indique qu'il sera encore nécessaire de prier... Nous allons détailler ces deux types de sentinelles.

 

3 - Les sentinelles qui font sentir leur présence avant un évènement

Nous proposons de parcourir différents passages bibliques afin de souligner les sentinelles qui se présentent, quel est leur rôle, leur point faible, leur lien avec le royaume qu’elles défendent et la blessure qu'elles laissent à la personne qui y a été confrontée.

3-1 : La sentinelle d’Édom : au passage du Yabboq (Gn 32)

Signature de la sentinelle : peur et angoisse. Lorsque le patriarche Jacob se porte à la rencontre de son frère Ésaü, à qui il avait pris le droit d'aînesse et qui est dans une fureur terrible contre lui, il commence par lui envoyer des messagers de paix. Ceux-ci jouent leur rôle et reviennent, indiquant qu'Ésaü marche à sa rencontre avec 400 hommes. Alors Jacob a très peur et l’angoisse le saisit. Il me semble que Jacob, par cette tentation de peur et d’angoisse, est confronté à la sentinelle qui garde son frère avant leur rencontre.

Cette lutte se poursuit de nuit juste après avoir traversé le gué du Yabboq. En effet, Jacob reste seul et un homme se roule avec lui dans la poussière jusqu’au lever de l’aurore. Jacob, par sa persévérance, parvient à arracher à cet ange un nouveau nom pour lui-même : Israël (Israël signifie « vainqueur de DIEU », « prince de DIEU », « homme qui voit DIEU »), car, dit le texte, « il a lutté avec DIEU et avec les hommes et il l’a emporté. » Pourquoi donc le texte précise t-il « avec DIEU et avec les hommes »? Sans doute s'agit-il tout d’abord d’un envoyé céleste (dont l’action se fond avec celle de DIEU) et aussi de la sentinelle qui garde Ésaü et ses gens (ce sont les hommes dont le texte parle). En effet, n’est-ce pas d’abord Ésaü qui est assailli par la peur et l'angoisse vis-à-vis de son frère, ce qui le rend violent et même belliqueux ? Cette sentinelle est présentée par le texte à la fois négativement (un homme) et positivement (DIEU), signe, sans doute, que DIEU envoie un Satan pour éprouver Jacob, mais également son ange afin de le soutenir (cf. article où ce point est détaillé).

Royaume : la paix, la réconciliation. Jacob devra se rouler toute la nuit dans la poussière afin que son frère se relève de la poussière d’où il se démène et parvienne à retrouver sa fraternité. La suite du texte nous montre qu’effectivement Ésaü ne montre pas d’animosité : il étreint son frère Jacob et fond en larmes. De fait, Jacob, par sa lutte avec la sentinelle que le SEIGNEUR lui avait envoyé, n'avait-il pas gagné d’avance le combat avec celui qui maintenait Ésau dans la peur et l’angoisse[1] ?  Je pense que le royaume dans lequel Jacob est entré est celui de l'unité, car il a retrouvé l'unité familiale, lorsqu'il a acquis la bénédiction de son frère qui avant lui en voulait à mort. Un canal de grâce particulier s'est alors ouvert à lui, car il est entré dans la joie de Soukhot (Gn 33, 16-17), en étant le premier à connaître cette fête des "Huttes" qui dure sept jours, cette célébration de la joie intense des récoltes de l'année écoulée, comme une action de grâce qui déverse sur lui et sa famille d'autres pluies divines.

Point faible de la sentinelle : le respect du temps de l’aurore. Jacob utilise un point faible (sans doute présent chez l’ensemble des sentinelles), c’est le fait qu’au moment de l’aurore (vers 6h du matin), elles sont censées rentrer dans leurs bases, c’est-à-dire qu’en maintenant son attention sur elles, elles finissent immanquablement par céder à sa prière insistante[2].

Blessure : la hanche démise. Jacob sort de cette empoignade avec une blessure à la hanche. Je pense qu’il s’agissait d’une faiblesse chez Jacob, que l’adversaire a utilisée contre lui, et qui est devenue plus visible qu’avant : c’est une blessure spirituelle qu’il a gardée. Celle-ci a sans doute été par la suite une source de grâce. (JÉSUS soulignera cette idée lorsqu’après les guérisons il invitera le paralytique à porter son brancard, l’aveugle à rester discret, etc. Et Paul également, parlant de cet envoyé de Satan chargé de le souffleter...)

Application pratique : Je souhaite aider ma famille ou des personnes de mon entourage à être moins sujets à la colère. Ou je m'apprête à affronter une situation dans laquelle je sais que je vais être tenté-e par la colère. Pour cela, je décide de faire quelques prières contre la colère, par exemple les paroles bibliques Contre Édom. Dans les heures qui suivent, je vais ressentir frayeur et angoisse juste avant d'être en contact avec certaines personnes, signe que je pénètre dans le territoire d'Édom afin de les délivrer (un peu) de la colère, car je suis revêtu-e de la frange du CHRIST et comme Lui, des esprits mauvais se jettent sur moi et des malades qui guérissent à mon contact (je vais croiser, comme par hasard, des gens sujets à la colère avec qui je vais réussir à discuter de manière positive. Ou bien je vais entendre des gens déverser des flots de mensonge.) Mon action peut être simplement d'offrir toute la colère que je vais voir se déchaîner autour de moi, c'est positif, c'est signe que le CHRIST est Lui-même en train de faire sortir ces esprits mauvais de ces gens, de les guérir.

 

3-2 : L’errance du patriarche Joseph (Gn 37, 15-17)

Signature de la sentinelle : l'égarement. Joseph, le « rêveur », est envoyé par son père Jacob rejoindre ses frères qui surveillent le troupeau. Or, sur la route, il ne les trouve pas et se retrouve à errer. Mais dans cette épreuve de l’égarement, un homme est envoyé vers Joseph, qui lui indique la direction à prendre. Symboliquement, il s’agit de l’ange envoyé par DIEU afin de le soutenir dans cette épreuve. L’homme indique qu’il trouvera ses frères à Dothan (« deux puits »), lieu où se trouvera plus tard Élisée en 2 R 6, 13, lorsque le roi d’Aram complotera contre lui. Les frères de Joseph se trouvent donc dans le lieu du complot et du meurtre. De fait : en le voyant de loin, ils finaliseront leur funeste projet.

Royaume : la vie. Ce temps perdu à chercher sa route permettra à Joseph de gagner d’avance ce combat contre la mort : il sera épargné par sa fratrie. Cet effort consenti à chercher ses frères ne correspond-il pas à ce qui enferme ces derniers, du moins une partie d'entre eux : une pensée fourbe, un regard double, les chemins sinueux de la méchanceté ? Je pense que le royaume en question est également l’Égypte, sur laquelle le peuple Hébreu remportera de grandes victoires par la suite[3]. L’Égypte, où coule le Nil, est par essence un royaume de vie. Mais lorsque le peuple et son chef (Pharaon par exemple) se détournent du SEIGNEUR, l'Égypte devient le royaume qui donne et propage la mort.

Point faible de la sentinelle : la peur du sang. Ruben trouvera donc la force de s’opposer et de déjouer le complot en proposant à ses frères d'enfermer Joseph dans une citerne vide au lieu de verser le sang en portant la main sur lui. Malheureusement, avant que Ruben n’ait trouvé l’occasion favorable pour remonter Joseph de la fosse, ce dernier sera vendu aux Ismaélites.

Blessure : la détresse de Joseph à la pensée ou à la vue de ses frères. Joseph gardera en effet une vive émotion, car il éclatera en cris et en larmes à plusieurs reprises lorsque ses frères reviendront.

Application pratique : Un esprit de mort habite ma famille : nous pensons à la mort d'une manière anormalement fréquente, nous sommes attirés par ce qui est morbide, etc. Il y a eu probablement dans ma famille des meurtres, des pactes avec des forces des ténèbres et celles-ci ressortent à travers ces phénomènes. Afin de laisser le SEIGNEUR agir avec force dans cette situation, je décide de prier des prières contre l'Égypte. Je vais être assailli-e, dans les heures qui suivent, par des situations de perte de temps : je vais m'y reprendre à cinq fois pour effectuer une réservation sur Internet ou trouver ma route, je vais devoir recommencer mon ourlet, je vais me rendre compte que j'ai monté à l'envers ce que je suis en train de réparer, bref : perte de temps à répétition. Bonne nouvelle : je suis en réalité en train de pénétrer dans le royaume d'Égypte et moi et les personnes que je vais croiser allons bénéficier des grâces du CHRIST qui nous entraîne dans son cortège triomphal et nous fait quitter ces attaches de mort. (voir la partie 3-3 ci-dessous qui complète ce que l'on peut dire sur l'Égypte).

 

3-3 - L’entrée de Moïse et son épouse Séphorah en Égypte (Ex 4, 24-26)

Signature de la sentinelle : Lorsque Moïse et sa famille reviennent de Madian afin d'aller vers les Hébreux en Égypte qui sont oppressés par Pharaon, un ange de Yahvé rencontre Moïse et cherche à le mettre à mort.

Royaume : la pureté. La Tradition juive[4] énonce la raison suivante de cette attaque : Moïse, à cause de son beau-père Jethro qui était païen, n’avait pas encore fait circoncire l’un de ses fils. Son épouse Séphorah prend alors un silex, tranche le prépuce de son fils et en touche les pieds de l’ange exterminateur, qui les laisse. Je pense que cet ange est la seconde sentinelle qui garde l’Égypte, elle nous révèle en creux la seconde caractéristique intrinsèque de ce royaume : la pureté ; on constate qu’au temps de Pharaon cette place forte avait été prise par l’adversaire et l’Égypte était devenu le domaine de l’impur...

Point faible de la sentinelle : le sang de la circoncision. Symboliquement, pour pénétrer dans le royaume d’Égypte sans en subir des conséquences délétères, il est nécessaire d’avoir une grande pureté de vie. Comme cette pureté n'est pas accessible à l'homme qui est pécheur, le SEIGNEUR a proposé d'entrer dans une Alliance par la circoncision.

Blessure : la circoncision laisse une marque sur le corps, rappel de l'Alliance sous laquelle on a placé sa vie. Pour un chrétien, c'est le Baptême qui a laissé une marque indélébile sur l'âme, un "caractère".

Application pratique : la seconde sentinelle de l'Égypte qui va me tenter est l'impureté : je vais probablement être assailli-e dans les heures qui suivent les prières contre l'Égypte par une envie irrésistible d'impureté, par exemple la masturbation ou l'adultère. Bonne nouvelle : j'ai fait attention de ne pas trop manger ni boire ni films, écrans ou autres et de me recouvrir du Sang précieux du CHRIST, de ce fait lorsque ces sentinelles de l'impureté et de la perte de temps (cf. 3-2 ci-dessus) vont me combattre, je serai dans la joie de voir que je suis en train de rentrer en Égypte avec le glaive du CHRIST pour en faire ressortir ma famille et les gens que je croise (la plupart du temps, j'ai juste à offrir en silence ce qui se passe autour de moi car c'est JÉSUS et les Anges qui agissent...)

 

3-4 - Israël et le devin Balaam confrontés aux deux sentinelles de Moab (Nb 21-22)

Signature des sentinelles : Lorsqu’Israël arrive aux portes du pays du royaume de Moab, il se retrouve confronté à Sihon roi des Amorites et Og, roi de Basan. Le premier est une rumeur angoissante et le second, qui règne sur l’opulence, provoque l'intempérance. Israël vaincra ces deux rois. Mais Balaq, roi de Moab, enverra en réaction deux délégations afin de solliciter le devin Balaam pour Maudire Israël qu’il redoute. On retrouve ces deux sentinelles ; en effet la première délégation utilise les arguments de la rumeur angoissante[5] et devant le refus du devin, une seconde délégation cherchera à le séduire par l’opulence et les honneurs.

Royaume: Moab est normalement un royaume de paix où regorgent les bénédictions. Les élites de Moab avaient en avaient pris le contrôle en semant la terreur et en enivrant la population avec des choses vaines. Mais le SEIGNEUR rendra à Israël sa part d’héritage. En effet, c’est la plaine de Moab qui sera le berceau d’une grande partie des paroles que Moïse adressera de la part du SEIGNEUR à Israël, paroles de paix et de bénédictions. Je pense que le fait que bien plus tard JÉSUS prononce un long discours à destination des foules dans la plaine (Lc 6, 17-49), est une référence implicite au fait que ces foules qui se laissent habituellement duper par les rumeurs sans fondement et les excès, ont en réalité un terrain favorable à l’évangélisation. Dit autrement, ce serait le terrain de la bonne volonté[6], sur lequel il nous est possible de rejoindre tout un chacun pour transmettre paix et bénédictions.

Point faible des sentinelles : La foi intrépide des Israélites (Dt 2, 24) et leur sobriété (Dt 2, 34). Il semble bien que les versets Nb 21, 14-18 sont les deux cris de guerre à lancer contre ces sentinelles : "Waheb en Soufa et ses torrents ; l'Arnon et ses gorges, qui descendent vers le site de Ar, et longent la frontière de Moab". Et : "Monte, puits ! Acclamez-le ! Puits creusé par des chefs, foré par les nobles du peuple, avec leurs sceptres, avec leurs bâtons." JÉSUS nous enseigne également un cri de guerre contre ces sentinelles : "Allez, et dites à ce renard : Voici, je chasse les démons et je fais des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour j'aurai fini." (Lc 13, 32)

Blessure : La blessure que nous recevons est de devenir sensibles à la crédulité de nos frères et soeurs devant les rumeurs sans fondement et à leur envie de faire la fête lorsque par eux ces sentinelles nous tentent, même si nous ne trouvons pas cela juste dans l'absolu. Mais le SEIGNEUR nous donne des entrailles de miséricorde afin que nous nous fassions proches de nos frères et soeurs[7].

Application pratique : Je constate que dans ma famille nous nous heurtons souvent à de l'incompréhension : mes parents ou frères et soeurs, lorsque je leur demande quelque-chose, ne me donnent pas ce que je voudrais et je ne me sens pas aimé-e. J'ai le sentiment que nous sommes chacun-e très attaché-e-s à notre volonté propre. Je sens bien que nos volontés ne sont pas accordées et je suis tenté-e par la colère et l'amertume vis-à-vis d'eux. Je pressens que notre volonté doit être purifiée pour à nouveau nous émerveiller les uns des autres et éviter tout conflit familial. Je décide de faire les prières contre Moab. Dans les heures qui suivent, au moment où vont se présenter les tentations d'en vouloir à ceux qui m'entourent (pour des raisons douteuses, des rumeurs !) et de manger démesurément, je peux me réjouir d'avoir été exaucé-e : je suis en train de pénétrer avec le CHRIST en tête dans le royaume de Moab, afin que ma famille reçoive des guérisons de la volonté. Une fois de plus, il est fort possible que ces guérisons progressives s'opèrent juste en offrant silencieusement les gens qui nous entourent et qui sont désagréables avec nous. C'est la paradoxale victoire du CHRIST, qui remporte la bataille en se faisant "marcher sur les pieds".

 

3-5 : Le devin Balaam confronté aux trois sentinelles d’Israël (Nb 22)

Balaam va être partagé entre le respect de la demande divine de ne pas maudire Israël et la pression du roi Sihon qui, par peur du peuple Hébreu, brigue les compétences du devin. Toutefois, DIEU aura miséricorde des serviteurs de Sihon en disant à Balaam qu'il peut les suivre[7]. En effet, si ces serviteurs étaient revenus vers le roi sans le devin, ils auraient sans doute dû subir sa fureur... Mais Balaam s'apprête à faire ce qu'Israël ne se serait jamais permis (Nb 20, 17 ; Nb 21, 22) :  piétiner les champs et les vignes d'un autre peuple et de boire l'eau de ses puits. Symboliquement : Balaam s'apprête à fausser le sacerdoce d'Israël, sa royauté et son talent prophétique, comme nous allons le voir, c'est-à-dire de travestir tout ce qui fait la fécondité de ce peuple. Voilà ce que signifie "maudire Israël". C'est pourquoi le mage reçoit trois avertissements de la sentinelle d’Israël (ou on peut également dire qu’il se confronte aux trois sentinelles d’Israël) : on n'outrepasse pas impunément la réserve due au peuple de DIEU...

Signature des sentinelles:

1ère sentinelle : l'ange se poste sur le chemin pour barrer la route à Balaam. L'ânesse, qui est seule à l'apercevoir, quitte le chemin et prend par les champs. Cette sentinelle défend de souiller Israël, peuple de prêtres, médiateur entre DIEU et les hommes. En somme, elle empêche que ce chemin qu'est Israël soit utilisé pour égarer les nations au lieu de les mener à DIEU. L'ange l'oblige à sacrifier ses efforts pour marcher dans la bonne direction en les réduisant à néant, faisant reprendre à Israël la bonne direction, un rôle de médiateurs.

2ème sentinelle : l'ange se place dans un chemin creux entre deux murets entre les vignes ; de ce fait l'ânesse se serrant contre le mur, écrase le pied de Balaam. En somme, la sentinelle défend le devin de faire employer des moyens frauduleux au peuple de rois qu'est Israël. Elle ralentit son action et rend pesants ses pas, comme s'il était pris dans un roncier ou un bourbier. Elle l'oblige à réaliser l'entrave d'agir sans être dans la Vérité. Elle le contraint à mener une action nourrissante pour Israël car le peuple élu a la vocation de gouverner le monde, pas de répandre la corruption.

3ème sentinelle : l'ange dépasse encore Balaam et, dans un passage étroit où l'on ne peut obliquer à droite ni à gauche, l'ânesse réagit en s'affaissant sous Balaam. Le mage voulait ruiner la capacité de ce peuple de prophètes à apporter la vie au monde, la sentinelle d'Israël le confronte à la mort. Il est confronté à une sorte d'ivresse qui devrait lui faire réaliser des exploits au Nom du SEIGNEUR, mais qui provoque l’effet inverse du fait de se complaire dans ses sinistres projets de dévoyer le prophétisme du peuple de DIEU : Il s’enivre de lui-même et finit par s'écrouler de lui-même.

Royaume : pénétrer dans le peuple de DIEU signifie prendre part à ses activités de prêtres, rois et prophètes.

Blessures : les sentinelles du peuple de DIEU laissent deux blessures. La première est de rappeler les moments où l'on a laissé notre colère prendre le dessus (Nb 22, 28-29). La seconde est de rappeler les moment où l'on n'a pas fait confiance aux autres (Nb 22, 30). Il semble que ces souvenirs douloureux qui frappent à nouveau notre pensée nous avertissent de tout ce qui peut empêcher une parfaite communion avec le reste du peuple de DIEU.

Applications pratiques :

  • Je suis en train d'aller au bureau. Sur la route, il y a des déviations que je n'avais pas prévues (zones de travaux) et cela me détourne de mon chemin et me prend du temps. Le SEIGNEUR est probablement en train de m'avertir que je vais avoir l'occasion d'être un intercesseur pour des personnes. Et effectivement, au bureau, mes collègues vont se mettre à critiquer quelqu'un. Je vais tout faire pour à stopper la discussion et/ou éviter d'ajouter des éléments accablants contre cette personne et/ou penser très fort "SEIGNEUR, pardonne à cette personne les faits qu'on lui reproche" et/ou prier pour mes collègues pour que DIEU répare leurs propos malheureux, alors j'aurai réussi à jouer mon rôle de "prêtre" !

  • Je suis au travail et mon ordinateur se met à planter. C'est comme si j'étais ralenti-e dans ma tâche. C'est sans doute le moment, plutôt que de m'acharner contre mon PC, de faire autre chose durant quelques minutes : prendre un temps de prière ou de faire une pause avec mes collègues, afin que ce temps soit nourrissant pour moi et/ou pour les autres et de jouer mon rôle de "roi".

  • Je projette d'écrire une lettre à l'évêque de mon diocèse car il me semble que le responsable du service de liturgie auquel j'appartiens, gère le service d'une manière délétère. Or, cela fait deux fois que je rédige le courrier et que mon PC s'éteint sans que je puisse enregistrer. C'est comme si tout ce que je faisais s'écroulait pour m'empêcher de le faire. Je me dis que c'est peut-être le SEIGNEUR qui m'envoie une sentinelle pour m'avertir que ce que je m'apprête à faire risque d'être source de mort pour cette personne, pour ma paroisse, pour moi. Et je prends un temps de prière pour confier tout cela... Et quelques jours après je discute avec un ami qui me montre que le fait que ce responsable de service soit sans doute un peu abrupt avec moi n'est pas forcément un signe qu'il dévie, mais comme c'est lui qui a la responsabilité du service, c'est plutôt à moi d'obéir. Je réalise que je m'apprêtais, avec ce courrier, à jouer un rôle de faux-prophète qui apporte la mort. En choisissant de pardonner à ce responsable et à lui obéir, je deviens sans le savoir un "prophète" qui apporte la vie au peuple de DIEU, puisqu'à mon contact les gens venant dans la paroisse peuvent dire "Voyez comme ils s'aiment"...

  

3-6 : Saül et la sentinelle d’Israël (1 S 10, 3-13)

Saül, après avoir été oint roi par Samuel, est lui aussi confronté aux trois sentinelles d’Israël, comme pour lui préciser quelle sera sa vocation. Samuel lui dit : « Au chêne de Tabor viendront te trouver trois hommes montant vers DIEU à Béthel, l’un portant trois chevreaux, l’autre portant trois pains, le troisième portant une outre de vin. Ils te salueront et te donneront deux pains : tu les recevras de leur main. Ensuite tu arriveras à Guivéa de DIEU où résident les préfets philistins. Là, quand tu entreras dans la ville, tu tomberas sur une bande de prophètes descendant du haut lieu, précédés de harpes, de tambourins, de flûtes et de lyres. Ils seront en état de transe prophétique. Alors fondra sur toi l’esprit du SEIGNEUR, tu entreras en transe avec eux et tu seras changé en un autre homme. » Il me semble qu’au moyen de la parole de Samuel, le SEIGNEUR indique à Saül plusieurs choses :

Signature des sentinelles :

  • Il sera revêtu des ornements royaux, c’est le symbole des deux pains qui lui sont donnés. Sa vocation sera de se nourrir de cette belle vocation qui lui est confiée (1er pain) et de nourrir son peuple par son souci d’être toujours vrai et droit (2nd pain). Le troisième pain ne lui est pas donné car, je pense, c’est un rappel du fait que sa royauté n’est qu’un relai de celle du vrai Roi : le SEIGNEUR (Saül avait, je pense, une difficulté à accepter cela, cela lui vaudra d’avoir une partie de son peuple indocile à son autorité. cf. 1 S 10, 27. Il me semble que s’il n’avait pas cette blessure par rapport à son père qui engendrait une forme de révolte vis-à-vis du SEIGNEUR, il lui aurait été donné le troisième pain également)
  • Saül vivra à proximité de sacrificateurs (symbolisés par l’homme portant trois chevreaux) dont il faudra suivre les instructions, mais le SEIGNEUR lui demande expressément de renoncer à jouer ce rôle lui-même. Ce sera une vraie difficulté pour lui qui finira même par lui attirer la réprobation de DIEU sur sa royauté (Saül fera le sacrifice à la place de Samuel en 1 S 13, 9-11, il ne respectera pas la demande du SEIGNEUR de vouer à l’interdit le butin de guerre en 1 S 15, …)
  • Saül sera néanmoins invité à boire à l’outre de vin que porte le troisième homme, car il recevra l’esprit des prophètes, entrant en transe (l’ivresse venant de DIEU) et devenant un autre homme : investi de cet Esprit prophétique, il remportera de grandes victoires : 1 S 11, 6-13 ; 1 S 14, 47-51.

Royaume : Saül entre de plain pied dans le Royaume d’Israël en prenant une part active au Règne de DIEU en devenant le Roi d’Israël, en se laissant guider par l’Esprit prophétique et en respectant le rôle des prêtres, collaborateurs du roi, sans l’usurper.

Blessures : Le Seigneur attire l’attention de Saül sur les blessures qui, s’il ne les soigne pas, risquent de provoquer sa chute : ses blessures par rapport à son père[8]. Les deux hommes que tu rencontreras (1 S 10, 2) te diront que les ânesses de ton père sont retrouvées mais que ton père s’inquiète pour toi. DIEU dit à Saül de moins se soucier de ses propres projets, même s’ils sont louables et qu’il est convaincu lui-même que ceux-ci sont bénéfiques à d'autres, que de plaire en toute circonstance à ton père (et donc à DIEU), sinon il agira par orgueil.

 

3-7 : David et Shiméï (2 S 16, 5 - 17, 23)

Signature de la sentinelle : lorsque le roi David fuit afin d’éviter de combattre son fils Absalom qui s’est emparé du pouvoir par la violence, un homme nommé Shiméï, fils de Guéra, sort à la rencontre de David. Celui-ci couvre de malédictions le roi, lui jette des pierres ainsi qu’à ses serviteurs qui étaient à sa droite et à sa gauche, lui disant qu’il est un « homme de sang » et que ce qui lui arrive est la conséquence de la violence qu’il a exercée sur la maison de Saül. En somme, il déverse un mensonge[9] sur David, de manière violente, faisant voler de la poussière.

Royaume : Le Roi David refuse de faire exécuter cette homme accusateur par ses soldats d’élite, estimant que c’est peut-être le SEIGNEUR lui-même qui l’a envoyé le maudire. Ce faisant, David a dû boire la coupe amère de tous ces mensonges proférés au oreilles de tous ceux qui étaient présents. Par suite, son fils Absalom qui est en position de force, prendra conseil d’Ahitofel, un véritable impie, et Houshaï, un ami de David qui emploie la ruse afin de sauver son roi. Comme par hasard il sera aveuglé au moment de choisir quelle stratégie adopter, croyant la ruse d’Houshaï. Ainsi, il me semble que dans cette épreuve, David et sa famille ont non seulement échappé à la mort, mais ont également été guéris d’une malédiction de persécution[10]. Cette épreuve est comme l’entrée dans un Royaume de Paix et de Sécurité.

Point faible de la sentinelle : une personne douce comme le roi David, qui ne réplique pas aux injures, offenses et ne cède pas à la tentation de se venger.

Blessure : Avishaï, fils de Cerouya, propose à David d’aller « couper la tête à ce chien crevé » qu’est Shiméï. Cette parole a dû rappeler à David toutes les fois où lui ou des membres de sa famille, ressentant une moquerie, ont cédé à la tentation de répliquer par la violence. Il semble que David lui-même s’efforçait depuis quelque temps de réparer cette fâcheuse tendance (1 S 24, 14 ; 2 S 9, 8 - voir l'article qui détaille le sujet).

Application pratique : Il s'agit de la sentinelle d'Édom => voir paragraphe 3-1 ci-avant.

 

 

3-8 : Autres exemples de sentinelles

Amaleq : Après avoir fait des prières contre Amaleq, on est confronté-e à des situations où l'on souffre de personnes qui ne prennent pas en compte les difficultés des autres, leurs faiblesses.

Ammon : Après des prières contre Ammon : des personnes qui profèrent des paroles décourageantes ou qui adoptent un ton de reproche.

Amorites : Après des prières contre les Amorites : des personnes vont exprimer des préjugés, des rumeurs sans fondement qu'il sera aisé de réprimer.

 

 

3-9 : Conclusion sur les sentinelles qui font sentir leur présence avant un évènement

Il y a bien d’autres sentinelles que nous pourrions évoquer (par exemple les douze sentinelles caractéristiques gardant les places fortes du Royaume des prêtres (article sur le Levain des Pharisiens 3), mais on peut proposer une interprétation sur cette première sorte de sentinelle, qui se manifeste avant un évènement important.

Revenons à l’histoire de Jonathan qui avertit son ami David des sentiments de son Père Saül à son égard au moyen de ces trois flèches tirées et de cette injonction à son garçon (cf. 1 S 20, 20-22 commentée en partie 2 de cet article), qui sont comme des signaux que seuls lui et David interprètent. Jonathan peut être vu comme une figure du Christ, qui scrute le visage du Père. Il semble bien que lorsqu’après l’audience du Seigneur (Jb 1, 6 ; Ps 104(103), 27), où les bons et les mauvais anges viennent recevoir des missions du SEIGNEUR, si jamais les arguments de la partie adverse sont plus convaincants que ceux de la défense (la prière et les demandes de réparation des hommes relayées par les anges sont insuffisantes par rapport aux péchés commis), le Père soit à la fois contrarié et plein de fureur. Alors le Christ, afin de prévenir les hommes et femmes qui ont le regard tourné vers DIEU, leur transmet un signal.

Les démons qui ont reçu l'autorisation d’aller tenter des hommes et des femmes se précipitent, dans leur fureur et dans leur voracité. Mais ce faisant, ils font l’inverse de ce que doivent faire les fils de DIEU : ils commencent par un mouvement rapide, puis rôdent (Jb 1, 7). Les Fils de DIEU, eux, commencent normalement par accueillir la mission qui leur est confiée, méditer, mûrir le projet, puis quand ils sentent qu’ils ont en eux comme une force bouillonnante, un vin doux (Jb 32, 18-19), ils se mettent en mouvement. Comme des graines qui commencent leur action petitement, en mourant dans le sol, puis lorsque c’est la période de germination, se mettent à croître jusqu’à devenir de grands arbres (Jn 12, 24 ; Mt 13, 32). De fait, les démons agissent dans la précipitation, laissant des traces à plusieurs reprises, comme ces trois flèches tirées par Jonathan, et les élus à leur contact sont tentés à plusieurs reprises par un même phénomène. Mais qu’ils résistent à la tentation ou bien qu’ils tombent puis demandent pardon (comme ils vivent de la grâce, ils savent qu’il ne faut pas s’arrêter sur un échec mais que c’est l’occasion d’implorer la Miséricorde du SEIGNEUR et de grandir dans l’humilité), ils sortent victorieux de cette joute avec la sentinelle. Et lorsque l’évènement important arrive, le combat est déjà gagné.

Par exemple : je suis tenté-e de manière forte par le découragement. Et ensuite je croise un ami qui avait besoin qu’on lui remonte le moral. Sa sentinelle s’est déchaînée sur moi par le découragement qu’elle m'a fait sentir, mais au moment de croiser cet ami, comme elle a déjà utilisé son droit de tenter, j'ai le champ libre pour trouver les bons mots sans être perturbé-e par cet ange de malheur. Et au terme de la discussion, cet ami me confie « Merci pour tes paroles réconfortantes ». J’ai en réalité bénéficié des « trois flèches tombées en-deçà de moi ». Je peux, lors de cette tentation de découragement qui m’assaille, même si je ne sais pas encore que je vais croiser cet ami, me remémorer cette parole qu’adresse Jonathan à David : "viens, tu peux être tranquille, c'est qu'il ne se passe rien, par la vie du SEIGNEUR ». N’est-ce pas une bonne habitude, lors d’une tentation que je subis, de me dire qu’elle précède une victoire ?

Autre exemple : je fais de l’administratif et j'ai beaucoup de mal à avancer car il y a des bugs sur les plateformes Internet que j’utilise, je n’arrête pas de me tromper dans ce que je fais, je m’emmêle les pinceaux. J’ai l’impression de ne pas avoir avancé de la matinée ! Et quelques heures après, un de mes enfants me dit qu’il a besoin de parler. Cette discussion est l’occasion de le débloquer sur de multiples stress qui le paralysaient. Il en sort libéré et rasséréné, comme s'il venait de mettre un "coup d'accélérateur" dans sa vie.

 

"Allez, messagers rapides,
vers la nation élancée et glabre
!" Is 18, 2

 

4 - Les sentinelles qui font sentir leur présence après un évènement

Un second type de sentinelle est évoqué dans ce passage du 1er livre de Samuel : « Mais si je dis au jeune homme : "Les flèches sont au-delà de toi", va t'en, car le SEIGNEUR te fait partir. » (1 S 20, 22)

Nous ici sommes dans le cas où nous avons agi par la force, en « poussant » de toutes nos forces, dans une discussion ou une autre action, ou encore lors d'une prière de délivrance ou d’autorité. J’appellerai cela une « passe d’armes » dans les paragraphes qui suivent. La question de savoir ce que nous avons fait est bien ou pas ne doit pas, je pense, être primordiale pour nous : convainquons-nous que nous avons essayé de faire pour le mieux en faisant avancer un sujet, en ayant exercé notre vocation de chrétien-ne. L’esprit mauvais qui tourmentait la personne dont nous nous sommes occupé-e a perdu de son influence et nous fait sentir sa fureur et son désarroi. Le CHRIST nous prévient par miséricorde que nous courons un danger et que de ce fait il faudra prier. Il va nous alerter au moyen de ces trois flèches, correspondant à la présence de cette sentinelle, à son haleine en quelque-sorte, car pour le moment elle nous court après mais ne nous a pas encore rattrapé-e. Cela signifie qu’il est encore temps de prier de détourner sa colère, avant qu’elle ne nous frappe. Montrons quelques exemples. 

 

4-1 : Le Prophète Élie et le Sacrifice au Carmel (1 R 18-19)

Passe d’armes : Le Prophète Élie vient de se mesurer avec les quatre-cent-cinquante prophètes de Baal. Il a montré aux yeux de tous que l’holocauste n’avait été dévoré par le feu que grâce au SEIGNEUR qui ramène vers Lui le coeur de son peuple et que les autres dieux n’étaient rien. Et il a fait égorger tous les prophètes de Baal.

Royaume : Élie a réhabilité les prophètes en Israël, en supprimant ceux qui égaraient le peuple. On retrouve la troisième sentinelle d’Israël.

Signature de la sentinelle : La reine impie Jézabel se met en fureur et envoie des messages de terreur à Élie afin qu’il soit ivre de tristesse et de découragement (au lieu d’être ivre de l’Esprit du SEIGNEUR) : « Que les dieux me fassent ceci et encore cela si demain, à la même heure, je n’ai pas fait de ta vie ce que tu as fait de la leur ! » Celui-ci s’enfuit et se retrouve totalement découragé et sans force.

Point faible de la sentinelle : La douleur d’Élie, qu’il utilise en prière comme un levier puissant : « Je suis rempli de zèle pour le SEIGNEUR, le DIEU de l’univers : les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont démoli tes autels et tué tes prophètes par l’épée ; je suis resté moi seul, et l’on cherche à m’enlever la vie. »

Le réconfort du SEIGNEUR : Un ange lui est envoyé à deux reprises. Celui-ci lui donne une galette cuite sur des pierres chauffées et une cruche d’eau. Fortifié par cette nourriture, il marche quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de DIEU, l’Horeb.

Blessure : Le SEIGNEUR se révèle à Élie. Il lui montre que ce jour-là[11] Il n’est ni dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans la voix d’un fin silence. En somme, Il révèle au Prophète que l’action la plus durable qu’il puisse mener dans son ministère de prophète, est d’agir par la douceur et non par la véhémence. DIEU lui fait don d'une clef afin de donner beaucoup plus de force à son action prophétique.

 

4-2 : L’homme de DIEU qui prophétise contre Béthel (1 R 13)

Un second exemple est celui de ce prophète dont on ne connaît pas le nom, et qui finit vaincu par la sentinelle envoyée contre lui...

Passe d’armes : Un homme de DIEU vient de Juda à Béthel sur une parole du SEIGNEUR alors que Jéroboam brûle des offrandes (à d’autres divinités) sur l’autel. Il prophétise et accomplit deux actes prophétiques : il donne tout d’abord une Parole assortie d’un signe au roi Jéroboam. Le signe s’accomplit (l’autel se fend en deux), montrant que la prophétie s’accomplira en son temps. Second acte prophétique : il intercède pour Jéroboam qui a eu la main pétrifiée lorsqu’il avait demandé à ses serviteurs de saisir ce prophète de malheur. Le SEIGNEUR l’agrée et guérit la main du roi. La prophétie est dite, les signes l’accompagnant, mais Jéroboam ne renoncera pas à sa mauvaise conduite...

Royaume : Cet homme de DIEU a donc prophétisé qu'un fils naîtrait à la maison de David, que son nom serait Josias et qu’il offrirait en sacrifice les prêtres des hauts lieux (prêtres corrompus) sur ce même autel qui pour l’heure sert à offenser le SEIGNEUR. On retrouve ici la première des trois sentinelles d’Israël, qui, comme pour le devin Balaam, montre que ces mauvais prêtres qui font tant d’efforts pour égarer le peuple au lieu de le mener à DIEU, allaient eux-mêmes être offerts en sacrifice

Signature de la sentinelle : Faire commettre à l’homme de DIEU les erreurs typiques qui pervertissent les prêtres : se reposer au mauvais moment, manger des choses non permises par DIEU, croire quelqu’un sans vérifier que ce qu’il dit vient du SEIGNEUR. Dévier de son rôle de médiateur, en somme. Un personnage ambigu appelé le « vieux prophète » vient en effet tenter l’homme de DIEU.

Point faible de la sentinelle : La discrétion. Or, l’homme de DIEU révèle au roi la consigne que le SEIGNEUR lui a donnée pour lui-même. En faisant, cela, il montre son intériorité, il dévoile ses points faibles[12].

Le réconfort du SEIGNEUR : Le SEIGNEUR envoie un ange, symbolisé dans ce passage par un âne qui suit le Prophète. Cet ange désigne à la fois un être spirituel qui peut être par exemple l’ange gardien, mais aussi des secours naturels (des personnes qui aident, des circonstances qui atténuent l’offensive de la sentinelle…)

Cet homme de DIEU fait donc preuve d’imprudence, ce qui est très probablement la cause de sa mort : un lion le rencontre en chemin et le tue. Mais malgré cet échec, cet homme reste un témoignage car 1) la prophétie qu’il a prononcée a dû être entendue par des serviteurs de Jéroboam, apportant des conversions sur le coup ou lors de son accomplissement, 2) le vieux prophète, personnage qui a eu un rôle de tentateur pour cet homme de DIEU, semble profondément touché par la mort de celui-ci. Peut-être le martyre de cet homme de DIEU lui profite t-il, afin que ce vieux Prophète qui s'était égaré redevenir un Prophète de l’Éternel ?

 

4-3 : Le retour des gardes auprès des Pharisiens (Jn 7, 32-36, 45-53)

Passe d’armes : Les gardes envoyés arrêter JÉSUS reviennent auprès des grands prêtres et des pharisiens qui leur disent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondent : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. »  Il y a donc une réponse des gardes qui est vue comme un affront direct à leur hiérarchie. Ensuite, c’est la question du rabbi Gamaliel « Notre Loi condamnerait-elle un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il fait ? » qui est perçue comme agressive. En somme, la « passe d’armes » est que les gardes puis Gamaliel osent tenir tête à des personnes qui sont dans une fureur noire. C'est courageux de leur part.

Royaume : On retrouve le royaume des « rois », c’est-à-dire de ceux qui dirigent. Ceux-ci sont normalement tenus d’être nourrissants pour leur peuple. Or, ces grands prêtres et les pharisiens évoqués dans cette péricope sont enfermés dans un mensonge, ils ont donc perdu cette capacité et sont plutôt tenter (à leur insu) d’empoisonner les gens avec des idées fausses.

Signature de la sentinelle : Déverser un flot de colère et de mensonge sur les pauvres gardes : « Auriez-vous été abusés vous aussi ?.. » ; sur le peuple qui suit JÉSUS : « Il y a tout juste cette masse qui ne connaît pas la Loi, des gens maudits ! » ; et sur Gamaliel : « Serais-tu de Galilée, toi aussi…? », ce qui veut dire : « C’est sans nul doute parce-que tu es corrompu que tu prends sa défense ». 

Point faible de la sentinelle : Elle a une courte durée de vie. C’est signifié par le verset qui suit : « Et ils s’en allèrent chacun chez soi ». La sentinelle est comme un lion qui ayant mis toute son énergie à nous rugir dessus, nous pousse, quand nous y repensons, à la colère et au regret d'avoir parlé ou de ne pas avoir répondu ce qu'il fallait.

Le réconfort du SEIGNEUR: sans doute le fait de penser : « Je ne suis pas fou d’avoir dit cela et de penser de cette manière, car je ne suis pas seul. Il y aussi le peuple, il y a aussi les gardes, il y a aussi certains membres du Sanhédrin comme Gamaliel… » C’est la fraternité.

Blessure : La colère et le mensonge vont frapper particulièrement dans des zones de blessures existantes, rouvrant certaines d’entre-elles qui étaient cicatrisées. De fait, il va falloir pardonner, ou bien re-pardonner aux personnes jusqu’à ce que le pardon soit complet (dire par oral, en boucle : "je lui pardonne et je fais la paix avec lui/elle. Et SEIGNEUR, fais qu'il/elle me pardonne aussi."). Ce type de sentinelle est assez courant : lors d’une discussion où nous défendons la Vérité face à quelqu’un qui est dans le mensonge et qui est très remonté, nous aurons après-coup un trouble de ce type, qui nous aidera à finir d’intercéder pour notre frère, notre soeur qui s’égare (et qui au même moment repense à ce que nous lui avons dit).

 

4-4 : Conclusion sur les sentinelles qui font sentir leur présence après un évènement

Une personne de bonne volonté qui se heurte à une situation injuste où elle fait un tour de force afin d’annoncer le Règne du TRÈS-HAUT, risque, comme on l’a vu, d’être poursuivie par des sentinelles. Il semble bien que celles-ci, qui frappent après une passe d'armes, suivent les règles de celles qui gardent le peuple de DIEU, en l'attaquant sur ses défauts de prêtre, prophète et roi. De fait, grâce à ce témoignage rendu au SEIGNEUR, la personne n'a t-elle pas facilité l’entrée de son frère, sa soeur, différentes personnes, dans ce royaume de prêtres, prophètes et rois ? De plus, ce soldat du CHRIST lui même, n’est-il pas affermi dans ce rôle spécifique au peuple de DIEU ?

Attention : lorsque nous nous sentons assailli-e par de telles sentinelles, ne cédons pas à la peur, au regret, à la colère ou au découragement, mais plutôt à la joie que DIEU nous prévienne. En effet, s’il nous prévient, c’est que le combat, bien que non encore complètement gagné, est plutôt en bonne voie. Offrons donc lui notre action de grâce, proclamons-Lui qu’avec Lui nous avons gagné ce combat (tout en restant discret vis-à-vis des autres), et dans cet acte de foi, le PUISSANT va finir de « décoller » ces esprit mauvais de nos frères et soeurs et les restaurer dans leur capacité de « prêtres », dans leur autorité de « rois » et dans leur « onction prophétique ».

 

"Ezékias prit la lettre des mains des messagers,
la lut, monta à la Maison du SEIGNEUR,
et déroula la lettre devant le SEIGNEUR.

Il pria le SEIGNEUR." Is 37, 14-15

 


Notes 

[1] La Tradition juive exprime avec d’autres mots la même idée : « Parabole d’un roi qui possédait un chien sauvage et un lion domestique. Le roi incita son fils à se battre contre le lion. De sorte que si le chien s’avisait un jour à attaquer ce fils, le roi pourrait dire au chien : même si un lion n’a rien pu contre mon fils, et toi tu pourrais l’emporter!? » et aussi : « Tu as été fort contre DIEU et contre tous les hommes et tu l’as emporté. Tu as lutté avec des créatures célestes et tu les as vaincues, avec des mortels et tu les as aussi. Les créatures célestes font référence à l’ange. R. Hama b. Hanina a dit : Il s’agissait du représentant céleste d’Ésaü. (…) et contre des hommes et tu l’as emporté, c’est-à-dire contre Ésaü et ses chefs » Midrash Rabba sur la Genèse, 77,3 et 78,3.

[2] La Tradition juive affirme que c’est un moment que les anges ne doivent pas manquer afin de chanter leurs cantiques, sinon ils en seraient blâmés - Midrash Rabba sur la Genèse 78,2

[3] Targum de Jonathan sur Gn 37, 17

[4] Targums de Neofiti, de Jonathan, de Jérusalem… 

[5] D'après la Tradition juive, les dignitaires viennent avec toutes sortes d'instruments de divination et des rétributions financières, afin que le devin se sente contraint. Nb R 20, 8. La rumeur angoissante, c'est d'exagérer quelque-chose comme si c'était une vérité incontournable. Ici, c'est, si nous devons le dire avec nos mots : "le roi Balaq est tout-puissant et tu ne peux pas faire autrement que de faire ce qu'il te demande, sinon tu vas manquer d'argent, passer pour un raté et te priver de tous les  artifices de magie qu'il t'offre". La rumeur angoissante, au moment de la Passion, a été utilisée contre Ponce Pilate de la manière suivante : "Si tu ne réprimes pas JÉSUS de Nazareth, tu n'es pas un ami de l'empereur et tu va être démis de ton poste de gouverneur. C'est la seule issue possible pour toi".

[6] Sainte Hildegarde, le Scivias, quatrième vision de la première partie, n°5 : "C'est que je veux m'élever plus haut que mon intelligence, et commencer ce que je ne puis pas terminer. Mais une fois que j'ai essayé de le faire, je fais naître en moi une très grande tristesse, si bien que je n'accomplis aucune oeuvre, ni dans les hauteurs de la sainteté, ni dans le plat pays de la bonne volonté..."

[7] C'est ce qu'on peut déduire du fait que le SEIGNEUR se laisse toucher par la demande des serviteurs du roi Balaq que Balaam les suive en Nb 22, 20. Ils étaient sans doute très anxieux à l'idée d'échouer dans leur mission, mais le SEIGNEUR, à ce moment-là, a sans doute estimé préférable d'accéder à leur doléance plutôt que de camper sur sa position de ne pas laisser Balaam les suivre.

[8] 1 S 10, 2 : Tu trouveras deux hommes (qui représentent les deux blessures que le Seigneur lui montre) près du sépulcre de Rachel (cette blessure a causé beaucoup de souffrances à sa mère), sur la frontière de Benjamin (a un rapport avec la vengeance et la colère cf. Jg 19-20), à Celçah (en hébreu : « ombre de ce qui est brillant », signifie : se réconcilier avec son père pour se remettre sous l’ombre, sous la protection de ce « soleil » qu’est notre père, et du même coup se réconcilier avec DIEU. 

[9] Il est vrai que David était un homme de sang (1 Ch 22, 8 ; 1 Ch 28, 3), c’est-à-dire qu’il avait une tendance à la colère et à la violence. Mais il avait toujours eu beaucoup de respect pour le roi en place, à savoir Saül, même si celui-ci "s’accrochait" à son trône et aurait dû céder la place. De plus, on ne maudit pas quelqu’un de la sorte, il est d’ailleurs fortement aggravant de le faire lorsque la personne est dans l’affliction, ce qui est le cas de David en fuite, 2) lorsqu’il s’agit d’une figure d’autorité, ce qui est le cas du roi David et 3) devant les sujets du roi, ce qui les blesse au passage, car au-delà des jets de pierre qu’ils subissent, ils ont dû être fortement scandalisés. Bref : l'attitude de Shiméï est extrêmement grave.

[10] Le nombre d’évènements de persécution qui avaient frappé David ne peut que nous étonner : persécution effrénée de Saül, fuite de David durant des années, dénonciations des habitants qui l’obligent à fuir dans une autre ville… Il me semble probable que des ancêtres de David avaient exercé quelque-chose du même ordre que ce qu’a fait Shiméï : maudire une personne dans des circonstances aggravantes et que ce péché n’avait pas été suffisamment réparé. Dès lors, à chaque fois que David éprouvait la moindre colère, il était à nouveau victime d’une persécution, lui et les gens qui l’entouraient, par exemple les prêtres exécutés par Saül devant Doëg l’Édomite.

[11] Je précise "ce jour-là", car en réalité le SEIGNEUR est partout, y compris dans les éléments grandioses, comme l’atteste par exemple Jb 38, 1. L’enseignement donné à Élie à l’Horeb est plutôt que le SEIGNEUR a une préférence pour ce qui est doux, faible, insignifiant.

[12] Cette réalité, de garder pour soi ce qu’on reçoit dans la prière et qui nous concerne, est décrite en Ez 44, 19 : Quand les prêtres sortiront sur le parvis extérieur, vers le peuple, ils ôteront les vêtements dans lesquels ils auront officié et les déposeront dans les salles du sanctuaire. Ils prendront d’autres vêtements et ne sanctifieront pas le peuple par leurs vêtements…

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