Les 2 témoins
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Za 4, 14 : "Ce sont les deux personnes désignées pour l'huile, celles qui se tiennent devant le Maître de toute la terre."

Toucher les coeurs par le don de soi

 

"Donne-moi à boire !" Jn 4, 7

 

Observons notre Seigneur car c’est Lui qui nous donne les meilleurs enseignements.

 

Avec l'Evangile de la Samaritaine (Jn 4)

Au puits de Jacob par exemple : rappelons-nous la scène : Jésus laisse ses disciples chercher de quoi se restaurer et se rend disponible pour rencontrer la Samaritaine. 

 

 

Il est probable que s’il avait eu un portable et un walkman, il les aurait éteints. Peut-être faisait-il également un effort intellectuel pour offrir à son Père toutes ces rumeurs sur lui de la part des Pharisiens qui l’avaient fait fuir de Judée…

De fait, Jésus est bien présent, assis sur ce puits : on l’imagine plantant ses yeux dans ceux de la Samaritaine lorsqu’il dit : « Donne-moi à boire ». Lui, qui appartient à un peuple brouillé depuis plusieurs générations avec la Samarie, et qui plus est le Seigneur qui est le créateur de toutes choses, y compris des gouttes de pluie, des nappes phréatiques, des rivières et des océans, il demande à cette femme de l’abreuver !

C’est cela son « truc » : se rendre dépendant. Toucher le cœur de son interlocutrice en lui montrant sa dignité de créature de Dieu, qui avec un seau et un peu de bonne volonté est la seule à pouvoir donner à boire à son Seigneur à cet instant précis.

Les grands évangélisateurs ont bien compris ce précepte de ne pas emporter de sac ni de sandales. Par exemple, quelqu’un qui s’occupait des personnes de la rue, disait qu’après avoir entamé la discussion il aimait à proposer à ses interlocuteurs qu’ils l’invitent à « boire un verre » dans un café dans un premier temps, et que lui-même paierait la seconde tournée. Il commençait par toucher les cœurs en envoyant ce message implicite : « tu es important pour moi et pour Dieu… »

Dans cette optique, à la fin de la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 37), Jésus répond aux juifs qui l’interrogent par une question un peu renversante : « Qui a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ? » Finalement, c’est le besoin de cet homme mutilé sur le bord de la route qui a touché le cœur de ce Samaritain et l’a amené à faire de si belles choses pour son frère blessé…

Jésus, notre modèle, est comme cela : il se rend présent dans tous ces « petits » qui demandent de l’aide car il a soif de l’amour de ses créatures. 

 

 

Pour reprendre le fil du récit au puits de Jacob, ce n’est que dans un second temps que Jésus amène la Samaritaine à réfléchir sur ce qui nourrit véritablement : Jésus a de l’eau pour elle. Cette eau, c’est sa Parole, son esprit, son Corps, son Sang, c’est Lui-même tout entier en somme. On commence à le comprendre, que Jésus se donne, car depuis le début il est entièrement disponible pour elle assis sur la margelle de ce puits, il discute sans faire cas de ces querelles entre les peuples Juif et Samaritain, il l’amène respectueusement à réfléchir sur ce qui nourrit vraiment. Et toujours plein de tact, il met le doigt avec elle sur une zone d’ombre dans la vie de cette femme : « Va, appelle ton mari et reviens » - « Je n’ai pas de mari ». – « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari »…

Jésus fait la même chose lorsque nous voulons recevoir l’Eucharistie. Il attire respectueusement l’attention de notre âme sur ses propres zones d’ombre, si nous sommes disposés à nous laisser sonder par Lui. « Surveille tes pas quand tu vas à la maison de Dieu », disait Qohéleth (4, 17).

Et ensuite, lorsque nous sommes réconciliés avec nos frères et avec Lui, le Seigneur nous attend pour se donner pleinement à nous. Il exulte de joie à l’idée de venir habiter notre temple intérieur, de reconstruire un palais grandiose et éclatant dans notre âme qui trop souvent ressemble à des ruines sombres et poussiéreuses.

Il nous fait devenir Lui lorsque nous communions, et c’est ensuite lorsque nous nous donnons à nos frères dans l’écoute, le service, l’amour inconditionnel, qu’il se produit en eux comme une communion mystique : nos frères reçoivent Jésus, son amour et sa grâce ; ils s’en nourrissent par nous-mêmes qui dans notre petitesse laissons agir le Seigneur… 

 

 

Quel beau programme d’évangélisation ! Se faire proche, discuter respectueusement, amener l’autre à faire le point dans sa vie et le conduire à Jésus qui est le Pain descendu du ciel.

Pour finir, citons Salomon qui déjà avait cette parole prophétique : « Le Seigneur a dit vouloir séjourner dans l’obscurité ! C’est donc bien pour toi que j’ai bâti une maison princière, une demeure où tu habiteras toujours. » (1 R 8, 12-13

  

Evangéliquizz – l’évangélisation par le don de soi

 

Que dit Jésus en apercevant un petit homme grimpé dans un arbre ?

A : Pas la peine de descendre de ton arbre : je vais te sauver à distance !

B : Va te déraciner et te planter dans la mer !

C : Que jamais personne ne mange de tes fruits, maudit figuier !

D : Zachée, descends vite, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison !

 

Comment puis-je toucher le cœur de mon frère qui me propose son aide devant la photocopieuse qui est en train de faire un bourrage depuis une demi-heure ?

A : ne t’embête pas, je vais bien finir par m’en sortir !

B : non, c’est bon, je vais appeler ce 8{…f de réparateur !!!

C : éventuellement, si cela ne t’embête pas trop…

D : c’est toi qui as encore inséré la ramette de papier n’importe comment ??? 

 

 

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Jacob, évangélisation, don, Jésus, Samaritaine, Puits

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Toucher les coeurs par l'émerveillement

 

"Il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie !" Is 52, 15

Comment on évangélise ? Mais en s’émerveillant, bien sûr !

 

(Mc 10, 35-40) Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui font la demande suivante : « Maître, (…) nous souhaitons tous deux siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire. »

Contrairement aux autres disciples que cette demande a irrités, Jésus, lui, ne semble pas du tout atteint par une quelconque impression de rivalité ou d’impolitesse ; non  : il prend très au sérieux la question de Jacques et Jean. Il y répond simplement, au premier degré pourrait-on dire, comme un enfant le ferait, mais avec une volonté évidente de montrer le juste chemin à ses interlocuteurs : « …pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? »

C’est Jésus en fait, ce négociant en perles fines, qui est capable de vendre tout ce qu’il a pour acquérir cette perle de grande valeur, qu’est ici la bonne volonté de Jacques et Jean. Oui, Jésus vend littéralement le côté si terre à terre des disciples et si peu tourné vers le bien d’autrui.

Jésus saisit au vol le désir de grandeur de Jacques et Jean, prenant appui dessus pour les aider à progresser à la mesure de l’ouverture de leur cœur dans ce moment précis.

A bien y réfléchir, c’est une habitude chez Dieu d’être aussi peu gêné par notre grossièreté, ou du moins de feindre de ne pas l’être. 

 

Prenons un autre exemple, narré par Luc celui-ci, dans la parabole du fils prodigue. Le père attendant depuis des jours et des jours son fils, le guette par la fenêtre, et court enfin pour le câliner, alors que celui-ci – rappelons-le – revient avant tout pour se nourrir, et n’est même pas dans une tenue décente pour retrouver son père qui lui avait donné une grande partie de ses biens quelques mois/années avant. Le père ne le laisse même pas en « placer une » pour bredouiller des excuses plus ou moins valables : il prend appui sur cette bonne volonté de son fils de revenir à lui, pour le faire progresser dans l’action de grâces et rapidement le réhabiliter dans sa condition de fils, en lui faisant revêtir des habits de fête et en lui passant la bague au doigt, ce qui est probablement le sceau familial qui donne le pouvoir d’acheter, de vendre, de sceller des documents, … Dans le cœur du père, il n’y a pas de place pour d’éventuels reproches, demande d’excuses ou même une petite ironie qui ferait bien sentir cette souffrance que le fils lui a fait subir. Le père de famille a lui aussi tout vendu : sa fierté d’avoir un aussi grand domaine, dont il a dû vendre au moins la moitié pour donner l’héritage à son fils ; il a vendu son sommeil, car la nuit il pensait sûrement « mais que deviens-tu, mon fils ? », en somme il s’est vendu lui-même. Et il a acquis cette perle de grande valeur : il a réintégré son fils perdu dans sa dignité d’homme, de fils, de créature de Dieu. Et cette petite parcelle de bonne volonté chez son fils a suscité chez lui un émerveillement qui l’a fait courir vers lui dans un élan d’amour paternel.

Le Seigneur est comme ce père. Il est celui qui « détourne les yeux des péchés des hommes pour les amener au repentir » (Sg 11, 23).

N’est-ce pas cela, l’évangélisation ? de porter toute son attention sur ce qui fait la valeur du frère que DIEU a mis devant moi, et oublier, vendre même, tout ce qui pourrait entraver la conquête de ce frère qui exprime - peut-être un peu maladroitement - sa soif de Dieu. Ce don, cette dépossession de soi, c’est vraiment l’Eucharistie que l’on prolonge dans nos semaines, la communion nous rendant capables, nous aussi, de nous donner, comme le Christ s’est donné tout entier pour nous racheter, en contemplant ces perles précieuses qu’il sait voir dans notre cœur. 

  

Evangéliquizz pour ceux qui ont tout compris

Qu’est ce que tu as fait ce week-end ? (Laquelle des réponses ci-dessous est digne d’un évangélisateur ?)

A : vendredi soir on est sortis, samedi on est allés à la plage, dimanche après-midi on a bouiné.

B : vendredi on est sortis, samedi on est allés à la plage, dimanche matin on a célébré le SEIGNEUR et l’après-midi on a bouiné.

C : Boooaaarfhhh. Il a plu tout le week-end.

Pourquoi est-ce que tu pries ? Je n’en vois vraiment pas l’intérêt.

A : parce que ne pas prier, c’est MAL.

B : parce que ma télé ne marche plus.

C : ben c’est mon rendez-vous amoureux !

D : parce que mon bien-être s’en trouve amélioré.

Tu as des relations avec les autres religions ?

A : non, pas vraiment : ces gens-là n’ont rien compris.

B : oui, je me suis fait insulter par un étranger et j’ai failli me faire écraser par une famille de bouddhistes.

C : non : on évite de se mélanger avec les gens des autres religions.

D : non, mais j’aimerais bien ! Le Seigneur a dit qu’il avait des brebis dans d’autres bergeries, ce qui veut dire que ces gens-là sont nos frères et nous devancent peut-être au ciel… 

  

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Trouver le bon point d'accroche

 

"Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux..." Is 11, 3

 

JÉSUS n’a de cesse de trouver ce qui fait le lien entre lui et les personnes qu’il évangélise. En fait, il se met à leur portée. Voyons cela.

 

Lorsque le CHRIST appelle ses disciples, il prend la peine de les cueillir là où ils sont : au bord du lac où Simon, André, Jacques et Jean sont en train de pêcher ou de préparer leur filet ; au bureau de collecteur d’impôts pour Lévi/Matthieu. Ces derniers auraient-ils changé de vie s’ils n’avaient été approchés de la sorte par le Sauveur ? Rien n’est moins sûr. Pourtant, cela a suffi pour provoquer la bonne étincelle :  on nous dit qu’aussitôt, les pêcheurs, laissant là leurs filets, le suivent (Mt 4, 20.22) et que le collecteur d’impôts se lève et le suit (Mt 9, 9). On peut dire que Jésus se rend présent dans cette sphère personnelle où ses interlocuteurs sont susceptibles d’être touchés. Il brise cette distance de l’indifférence et fait irruption physiquement dans le concret de leur quotidien : leur lieu de travail. On peut imaginer le dialogue intérieur :

« Quelle joie ! Il m’a regard, parlé et appelé, alors que je ne suis qu’un gars qui prend l’argent des autres et qu’il y a mille autre personnes plus proches de son passage au bord de la route… C’est un vrai miracle… »

Il est probable que ces hommes vivaient déjà une démarche intérieure de conversion et étaient dans l’attente d’un profond changement dans leur vie. 

 

D’autres personnes vont être interpellés par Jésus sur un autre « terrain commun » que le lieu physique. Prenons l’exemple de la Samaritaine et des Saducéens.

JÉSUS se met à la portée de la Samaritaine de plusieurs manières :

  • il lui adresse la parole alors que d’une part elle est plutôt méprisée par la plupart des Juifs, appartenant à ce peuple Samaritain considéré comme hérétique, que d’autre part il n’est pas dans les usages que les maîtres Juifs ne s’abaissent à parler à une femme et enfin c’est une femme aux mœurs légères (qui « change » de mari régulièrement). Ne s’arrêtant pas à ces considérations, Jésus crée cette passerelle entre eux en nouant un dialogue avec cette femme ;
  • il se rend au seul endroit encore commun entre les Samaritains et les Juifs : le puits de Jacob. Car à cette époque, tout le reste les séparait : le culte, le lieu de culte, enfin tout. Jésus ne va pas prier sur le mont Garizim et ne sacrifie pas de taureau selon le rituel Samaritain, car il aurait d’une certaine manière trahi la foi « orthodoxe » reçue de son peuple. Mais il exploite le lieu dont le caractère sacré est reconnu par les deux peuples : le puits de Jacob.

Le résultat ne se fait pas attendre : l’étincelle chez cette femme, la grande joie, la proclamation de celle-ci à son peuple de cette rencontre incroyable. 

 

Et les Saducéens alors ? Les individus appartenant à ce courant juif ne reconnaissent véridiques que les cinq premiers livres de la Torah, c’est à dire le Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome). Que fait JÉSUS lorsque ceux-ci lui posent une question ? Jésus leur adresse une réponse en n’utilisant queles livres de la Bible reconnus par ceux-ci : « N’avez-vous pas lu ce que Dieu a dit ? Je suis le DIEU d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? DIEU n’est pas le DIEU des morts, mais des vivants ! » (Mt 22, 32). En restant toujours dans la vérité avec des textes de l’Ancien Testament, il utilise les seuls livres reconnus par ses interlocuteurs pour que son argument porte et se donner une chance de toucher leur cœur. Le texte ne précise pas combien d’entre eux se sont convertis… Nous serons peut-être surpris au ciel.

En quoi tout cela peut-il intéresser un évangélisateur pour aujourd’hui ?

On peut peut-être retenir deux choses. La première est la juste connaissance de ce qui fait le quotidien de nos interlocuteurs est une grande force pour entrer en contact avec eux à travers les points communs entre eux et nous.

Tout simplement avoir l’attention d’une visite particulière pour rejoindre « son prochain » chez lui ou sur son lieu de travail. Cela peut être de discuter de quelque-chose qui compte pour lui.

Le point commun entre chrétiens de différentes confession est que nous reconnaissons Dieu Père, Fils et Esprit-Saint. Combien de discussions passionnantes sont ainsi possibles pour une évangélisation mutuelle !

Le point commun avec un frère musulman peut être la foi en Dieu, ou encore : la Vierge Marie, sur laquelle dans les grandes lignes le Coran est conforme à ce qu’enseigne la Bible (incroyable !)

Le point commun avec un frère agnostique ou athée peut être la bonne volonté que l’on trouve dans le cœur de chacun. 

 

La seconde chose qu’on peut retenir pour un évangélisateur moderne est l’Eucharistie qui nourrit le Chrétien, le fait ressembler au CHRIST qui, Lui, arrive toujours à trouver ce juste terrain d’entente. Ce terrain qui permet de provoquer chez ces interlocuteurs cette étincelle. L’Esprit-Saint qui se propage…

SEIGNEUR, fais de nous des grands évangélisateurs comme toi !

 

 

Evangéliquizz pour ceux qui ont tout compris

Quelle discussion vaut-il mieux éviter avec un athée ?

A : parler de la bonne volonté dans le cœur des hommes et de ce qui les dépasse.

B : parler dans une même discussion de l’avortement, du préservatif et de l’euthanasie.

C : parler du match de foot d’hier soir.

D : débattre de la meilleure recette de cookies.

 

 

Quelle est la réplique ci-dessous la plus adéquate pour l’évangélisation ?

A : C’est vrai, en dépit de mes désaccords avec le Président, il mérite mon profond respect.

B : les politiques, ce sont tous des pourris.

C : de toute façon, que l’on vote ou pas ne change rien.

D : hé, tu as vu que le président a encore changé de concubine ? 

 

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évangélisation, point commun

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Mettre en valeur le cri du coeur

 

"Tu m'as répondu !" Ps 22(21), 22

 

JÉSUS n’a de cesse de valoriser ce cri du cœur que ses interlocuteurs expriment chacun à leur manière. Explications.

 

Lorsque JÉSUS descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « SEIGNEUR, si tu le veux, tu peux me purifier. » JÉSUS étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt, il fut purifié de sa lèpre (Mt 8, 2-3).

Et alors quoi ? Comment a t-il fait, ce lépreux, pour attendrir le SEIGNEUR ? Juste en venant le voir ? Cela a l’air si simple. N’est-ce pas injuste ? Car de nos jours, nous n’avons plus Jésus en chair et en os pour venir le voir de la sorte…

Oui, mais le texte sous-entend avant tout que cet homme considéré dans la Loi comme impur, a bravé le regard d’autres hommes, à plus forte raison à un moment où de grandes foules se mettaient à suivre JÉSUS. Il y a eu dans la démarche de cet homme un dépassement d’amour, un acte de foi que JÉSUS a pleinement accueilli. Il a cru que JÉSUS est plus fort que cette mort des chairs qui aliènent et isolent un homme…

JÉSUS lui recommande ensuite de n’en rien dire à personne, mais d’aller se montrer au prêtre. La joie de l’homme est perceptible dans ce texte : JÉSUS lui demande sans doute d’offrir à DIEU cette joie et de se conformer humblement à ce qui est prescrit au chapitre 13 du livre du Lévitique, le prêtre étant celui qui a reçu de DIEU la mission de discerner, mais aussi de constater les guérisons. JÉSUS a donc saisi au vol cette ardeur du cœur chez cet homme. 

 

 

L’Évangile fourmille de telles situations, où les personnes donnent tout ce qu’elles ont : le centurion qui parle avec humilité de son autorité sur ses soldats et de sa petitesse devant JÉSUS (Mt 8, 8-9), cette femme qui met toute sa confiance dans le simple fait de toucher la frange de JÉSUS sans chercher à déranger davantage le Maître (Mt 9, 21), la Cananéenne qui donne une bonne leçon d’humilité à tout l’auditoire présent, en acceptant de se faire traiter de petit chien qui se contente des miettes (Mt 15, 25-27), tous les enfants de l’Evangile qui veulent accéder à JÉSUS pour le serrer dans leurs bras, les aveugles de Jéricho dont les cris ne devaient pas être franchement agréables (Mt 20, 29-30)… On peut penser aussi à cette femme qui lave les pieds de JÉSUS avec ses larmes et ses cheveux, suscitant l’incompréhension de certains, mais dont le pur amour touche JÉSUS (Lc 7, 38-44).

S’il s’agit du plus beau geste que ces personnes étaient capables de faire à ce moment-là, l’accueil de JÉSUS a dû profondément les toucher. JÉSUS n’attend que cela : cet amour passionné qui exauce toutes les prières. JÉSUS a soif de l’amour des hommes.

Certains ont le chic pour se faire exaucer de JÉSUS : par exemple la Vierge Marie. En effet, celle-ci se contente de dire lors des noces de Cana : « ils n’ont plus de vin ». Cela semble un peu plat pour le lecteur moderne, mais le manque de vin évoque une détresse absolue du cœur, une privation de joie (Is 26, 10 ; 24, 9). C’est un peu comme si la Vierge Marie se prosternait au pieds de JÉSUS et baignait ses pieds de ses larmes pour réclamer de la joie et de l’allégresse pour le peuple de Dieu. Evidemment, il faut aussi stimuler les troupes à faire ce que JÉSUS demande : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le », quand bien même cela semble complètement saugrenu. Mais voilà : la Mère de DIEU sait donner toute sa confiance à son FILS par une parole puis une exhortation aux serviteurs, et Lui sait se faire tout accueil pour toutes les marques de foi de sa mère et des personnes qui l’entourent.

Bien mieux : les marques d’amour « imparfaites » sont également l’objet d’un accueil inconditionnel : par exemple les cris des disciples apeurés sur le lac :  « SEIGNEUR sauve-nous : nous sommes perdus ! » JÉSUS reproche le manque de foi mais calme la mer immédiatement. Ou encore la démarche inaboutie du jeune homme riche : « Posant alors son regard sur lui, JÉSUS se prit à l’aimer. » (Mc 10, 21)

Pour aller encore plus loin, même les créatures les plus détestables sont considérées par JÉSUS, puisque celui-ci accède à la demande des démons en les envoyant dans un troupeau de porcs. (Lc 8, 32) De même lorsque DIEU accepte la demande du diable de tenter Job : c’est assez renversant.

DIEU est Amour : il accueille chaque petit élan d’amour de ses créatures. Et lorsqu’une demande n’est pas de l’Amour – comme c’est le cas des démons – Il marque tout de même un profond respect envers ces créatures, dans la mesure où un éventuel « oui » à leur demande ne détourne pas de DIEU et sert sa justice et ses plans d’amour.

Nous tous, chrétiens baptisés, portons en nous cette image de DIEU, image entretenue essentiellement (du moins pour les Catholiques) par les Eucharisties et confessions fréquentes. L’attitude qui parfois nous dérange chez l’autre est peut-être la maladroite marque d’amour dont il est capable dans ce moment-là. Le parti pris de dire que c’est peut-être de l’amour est sans doute une clef que JÉSUS nous donne pour être nous aussi des grands évangélisateurs qui enflamment le monde. C’est à nous de crier vers lui : « JÉSUS, Fils de David, fais de nous de grands évangélisateurs !!! » 

 

 

Evangéliquizz pour vérifier que vous êtes un-e spécialiste du cri du coeur

Laquelle de ces prières intérieures met le mieux en valeur devant DIEU le cri de votre collègue qui vous confie : "je regrette vraiment d'avoir fait cela" ?

A : "SEIGNEUR, merci de l'avoir punie car au moins maintenant elle regrette ce qu'elle a fait !"

B : "SEIGNEUR, vois son repentir et montre Ta Miséricorde en lui pardonnant !"

C : "SEIGNEUR, je ne vois vraiment pas pourquoi elle me confie cela !"

D : "SEIGNEUR, punis tous ces traîtres de malheur !"  

 

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hypocrisie, prière, coeur, amour

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Evangéliser par des Paraboles

 

"Par les Prophètes, je dirai des Paraboles !" Os 12, 11

 

Notre Enseignant suprême, Jésus-Christ, montre avec beaucoup de finesse comment évangéliser un frère qui nous pose une question. Aujourd’hui : l’usage des Paraboles.

La Tradition juive, relisant la sortie d’Egypte, nous enseigne que le SEIGNEUR combla son peuple d’un pain du ciel, une véritable nourriture d’anges aux multiples saveurs qui comblait tous les goûts (Sg 16, 20, Ps 78(77), 25, etc.). Les chrétiens (catholiques) ont toujours vu dans la manne une préfiguration de l’Eucharistie, JÉSUS vrai Pain du Ciel capable de combler chaque âme qui le reçoit à la messe selon sa propre ardeur d’amour.

Dans la même ligne, on peut dire que les deux prolongements de l’Eucharistie – la Lectio Divina et l’Adoration Eucharistique -  ont la même caractéristique. En effet, le SEIGNEUR, dans l’étude de sa Parole et dans la contemplation aimante de l’Hostie, s’adapte à chacun selon sa capacité à recevoir. DIEU ne fait que cela : s’ajuster à sa créature pour qu’elle Le rencontre.

Or, l’Evangélisation, n’est-ce pas précisément s’adapter à son interlocuteur pour étancher sa soif de DIEU ? Nous nous proposons donc de chercher de quelle manière un évangélisateur peut répondre aux questions qui lui sont posées, afin d’être pleinement donné à son interlocuteur, devenant un véritable pain vivant par sa parole et sa force d’amour, à la suite de notre SEIGNEUR.

Aujourd’hui, nous proposons de nous attarder sur l’usage des Paraboles– ces récits imagés empruntant des éléments connus d’une personne/des éléments communs afin de lui illustrer un enseignement. Et pourquoi, d’abord, utiliser des Paraboles ?

JÉSUS, après avoir parlé aux foules en Paraboles, s’explique à ses disciples (Mt 13, 11-15) : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là (…) Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre (…)ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. »

La Parabole est donc un remède choisi par le SEIGNEUR, un remède à l’aveuglement spirituel, à l’éloignement de DIEU. Comment Jésus s’en sert-il ?

Au docteur de la loi qui souhaitait savoir qui était son prochain, JÉSUS raconte une Parabole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho… » (Lc 10, 29, 37) La « fine pointe » de cette Parabole est la suivante : la bonne perspective est de se mettre à la place du plus faible – ici l’homme attaqué par des bandits – pour envisager la question du prochain. JÉSUS a donc révélé à cet homme quel était l’obstaclequi l’empêchait de répondre à sa question initiale.

En somme, la Parabole est un peu comme un vol en cercle fait par un oiseau, permettant à celui qui s’interroge de faire à la fois une prise de hauteur et un zoom sur l’obstacle qui l’empêche d’avancer pour répondre à sa question.

On retrouve ce constat un peu partout dans l’Evangile. Par exemple aux Pharisiens qui jugent durement les pécheurs, JÉSUS raconte la Parabole de la brebis perdue, de la pièce perdue et du fils prodigue. Ces Paraboles montrent tout à tour combien est précieuse chaque personne puis combien est important le rôle du frère aîné pour administrer avec le Père l’héritage spirituel qu’il a reçu, au lieu de se l’accaparer et ainsi de tuer l’amour dans la fratrie.

Ainsi, l’attitude de l’interlocuteur peut être de reconnaître humblement l’obstacle – comme la Cananéenne qui prend au mot JÉSUS en se laissant traiter de « petit chien » et est immédiatement exaucée – ou bien le refus et l’endurcissement, en se bouchant les yeux et les oreilles plutôt que de porter un regard juste sur soi-même. Rappelons-nous le Sanhédrin, à court d’arguments, qui ne trouve pas d’autre solution que de vociférer à l’encontre de l’aveugle de naissance guéri par JÉSUS et de l’expulser (Jn 9).

La Parabole est à la fois une protection que JÉSUS recommande au chrétien afin d’éviter que, ne donnant de trop précieuses perles à celui qui n’est pas prêt à entendre, il se fasse piétiner (Mt 7, 6), mais également une grâce pour celui qui l’écoute de surmonter ce qui l’empêche d’avancer afin d’être en mesure d’entendre des paroles plus directes.

L’usage de la Parabole nécessite d’utiliser des éléments familiers d’une part, d’autre part qui ne soient pas fortement péjoratifs, ce qui crisperait d’office le débat, mais également de faire usage de tierces personnes, d’autres personnages, afin de sortir de la confrontation je / tu ; et enfin, de ne pas cumuler plus d’un sujet sensible à la fois  (Exemples typiques : l’Inquisition, le célibat des prêtres, les présidentielles, l’euthanasie, les contraceptifs, etc).

JÉSUS n’aurait jamais répondu directement à une question telle que : « Es-tu pour l’avortement ? » Quelle que soit la situation, l’Eglise demande à ses enfants une écoute particulière, un soin attentif du couple (n’oublions pas cette dimension !) en difficulté, et une ouverture inconditionnelle à la vie. Répondre en paraboles permet de lever les obstacles un à un. Entre autres :

  • Les chrétiens ne respecteraient pas la liberté des femmes concernées.
  • L’avortement est un outil, donc il peut être utilisé en tant que tel car c’est un moyen efficace créé par l’homme.
  • La science dit que l’embryon n’est un enfant que lorsque son cœur bat.

En exemple, tentons de traiter le premier point : la question de la liberté. Voici une Parabole possible : « Une maman voit sa fille qui dépérit à vue d’œil car elle a un chagrin d’amour. Elle demande à des amies proches de sa fille de l’accompagner, de peur que sa fille ne tombe dans l’anorexie. D’après toi, cette maman fait-elle obstacle à la liberté de sa fille ? » => l’enseignement est le suivant : la liberté n’est pas forcément un absolu, on doit plutôt la mettre au service de l’amour.

Face à toutes les questions difficiles et douloureuses semées sur notre parcours, continuons d'approfondir notre relation au CHRIST (et si nous sommes catholiques d’aller devant le Saint-Sacrement) pour laisser l’Amour Créateur nous inspirer de nouvelles Paraboles…

 

 

 

Evangéliquizz : pour tester votre esprit "Parabolique"

Q1 : relier les paraboles de l’Ancien Testament aux passages bibliques correspondants :

L’élection du roi des arbres ♦   ♦ 2 S 12, 1-4
Le pauvre propriétaire de la brebis ♦   ♦ Juges 9, 8-15
Le chardon ambitieux ♦   ♦ 2 R 14, 9
La ceinture de lin ♦   ♦ Jr 24,  1-10
Les deux paniers de figures ♦   ♦ Ez 17, 2-10
Les aigles et la vigne ♦   ♦ Za 4
Le chandelier et les deux oliviers ♦   ♦ Jr 13, 1-3
Le bélier et le bouc ♦   ♦ Dn 8, 2-26

  

Q2 : relier les paraboles à leur « fine pointe » correspondante :

L’élection du roi des arbres ♦   ♦ Abandon de Dieu pour la conversion des hommes
Le pauvre propriétaire de la brebis ♦   ♦ Le combat eschatologique dans la main du Seigneur
Le chardon ambitieux ♦   ♦ La confiance dans la justice de Dieu
La ceinture de lin ♦   ♦ La compromission mène à une situation instable
Les deux paniers de figures ♦   ♦ Nuire à la propriété privée nuit au don fait par Dieu
Les aigles et la vigne ♦   ♦ La conséquence des actes est ajustée à ces actes
Le chandelier et les deux oliviers ♦   ♦ La reconnaissance due à Dieu seul
Le bélier et le bouc ♦   ♦ Les prêtres et les rois dans la main du Seigneur

 

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